Comment vérifier que son psychologue en ligne est bien psychologue ?

 

Les consultations en lignes peuvent avoir quelques avantages pratiques (comme d’être plus adaptés aux patients qui voyagent beaucoup ou veulent consulter dans leur langue : pour en savoir plus, cliquez ici) ou des avantages psychothérapeutiques (comme de pouvoir évoquer certains sujets plus facilement qu’en face-à-face ou de se sentir rassurer par la plus grande distance : pour en savoir plus, cliquez ici).

 

Mais il y a également des inconvénients, et parmi ceux-ci  celui qu’il peut être plus difficile de détecter si un psychologue ou un psychothérapeute est réellement psychologue et/ou psychothérapeute.  En effet, si le faux psychologue/psychothérapeute exerce dans un pays étranger, il sera plus difficile pour la police d’intervenir, et peut-être même qu’elle ne le pourra pas : si c’est un pays hors Europe, va-t-elle lancer un mandat d’arrêt international pour ceci, ou simplement classer l’affaire sans suite ? D’autant plus qu’il n’est même pas sûr, après tout, que le « psychologue » exerce bien dans le pays indiqué.

 

Mais plus problématique encore est qu’il n’est même pas sûr que le prétendu thérapeute soit vraiment dans l’illégalité, car les titres de psychologues et de psychothérapeutes ne sont pas protégés partout : même si la réglementation évolue et que ceci est plus rare qu’il y a une trentaine d’années, il existe encore des pays où il n’y a pas protection du titre, ce qui signifie que n’importe qui peut s’autoproclamer psychologue ou psychothérapeute, sans qu’une instance officielle n’ait validé de diplôme. Par exemple, en France, ce n’est que depuis 2004 que le titre de psychothérapeute est protégé. Avant 2004, il n’était pas illégal qu’une personne n’ayant reçu aucune formation se déclare d’elle-même psychothérapeute (sur ce lien menant au site officiel de l’Agence Régionale de Santé, qui a entre autres pour mission de mettre à jour les listes des professionnels de santé autorisés à exercer, vous trouverez la liste des psychothérapeutes qui ont le droit d’exercer en France : https://www.iledefrance.ars.sante.fr/usage-du-titre-de-psychotherapeute).

 

Donc même si vous consultez de chez vous, il se peut que votre interlocuteur se trouve dans un pays où rien ne lui interdise de prétendre au titre auquel il prétend. Reste alors à savoir où a lieu la prestation : doit-on considérer qu’elle a lieu dans le pays du patient, ou dans celui du psychothérapeute ? De même qu’une entreprise dont le siège est délocalisé ne paie pas ses impôts en France, ce thérapeute paie ses impôts au pays d’où il exerce, et il pourrait donc essayer de se justifier en expliquant qu’il n’est pas en désaccord avec les règles de son pays (je n’ai pas trouvé d’informations à ce sujet, si un lecteur sait s’il existe une règle pour ce cas je suis intéressé de le savoir : peut-être n’existe-t-il pas encore de lois pour cette situation précise, comme internet pose des problèmes relativement nouveaux, comme c'est le cas actuellement pour celui l’évasion fiscale par exemple, qui a augmentée à proportion du fait qu’internet permet de dépasser les frontières).

 

Enfin, les formations de psychologue ou de psychothérapeute selon les pays est très inégale, que ce soit au niveau de la qualité comme de la durée : certains pays demande une simple licence (équivalent 3 ans), d’autres un doctorat (aux Etats-Unis, au Brésil, en Autriche par exemple, il faut faire 8 ans d’études), et d’autres 5 ans (comme en France, où cette formation d’une durée intermédiaire est néanmoins très sélective : une première sélection, avant l’entrée à l’Université, est celle d’avoir le bac ou un équivalent, puis il y a une sélection chaque année d’université, progressive, si bien que seul un étudiant sur quinze inscrit en licence 1 arrivera à la fin du parcours, à valider le master 2, et c’est encore moins en ce qui concerne les spécialisations « psychologie clinique » et « psychopathologie », qui sont celles qui permettent de réaliser des psychothérapies).

 

Il existe des plateformes qui mettent en relation des patients avec des psychologues en ligne, mais il n’est pas sûr que toutes ces interfaces soient aussi sérieuses les unes que les autres concernant la vérification de leurs membres, et elles peuvent présenter aussi d’autres inconvénients (prix plus cher si elles prennent une commission sur les appels, ou moins de souplesse si le téléphone se coupe automatiquement à la fin de l’entretien selon un temps imparti par exemple).

 

Pour se prémunir contre ces risques, voici quelques conseils pratiques faciles à mettre en œuvre. Premièrement, il est possible de choisir un psychologue ou psychothérapeute qui n’exerce pas qu’en ligne mais aussi dans un vrai cabinet. Ceci vous permettra de vérifier son adresse, et d’avoir la confirmation qu’il est bien inscrit sur certains annuaires sérieux comme les pages jaunes ou Doctolib, qui demandent des justificatifs avant d’inscrire les professionnels (les pages jaunes demandent des justificatifs, et sur Doctolib les psychologues psychothérapeutes ont la possibilité de renseigner leur numéro ADELI dans une case prévue à cet effet). Attention : ce n’est pas parce qu’un psychologue est inscrit sur un annuaire qu’il est vraiment psychologue, car avec l’arrivée d’internet, il y a une démultiplication du nombre d’annuaires en ligne, et certains sont très superficiels et commerciaux (je déconseille par exemple fortement starofservice, qui est une simple arnaque aussi bien pour les potentiels patients que pour les psychologues, comme vous pourrez le voir en cliquant sur ce lien : https://forum.quechoisir.org/starofservice-com-t48260.html). De plus, choisir un psychologue qui exerce dans un cabinet pourrait vous permettre d’aller le rencontrer une fois en vrai, ce qui peut être bien pour développer un engagement plus fort dans le travail psychothérapeutique que s’il s’agit de quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré que par écran interposé.

 

Deuxièmement, si sa façon de travailler ou de se présenter (apparence du site internet, etc.) ne vous inspire pas confiance, il faut se renseigner sur les moyens mis en œuvre par son pays d’exercice pour vérifier son identité professionnelle. En France, c’est l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui s’occupe de recenser les différents professionnels du secteur médical, paramédical et psycho-social. Vous pouvez donc les contacter en donnant le nom et/ou le numéro ADELI de votre psychologue ou psychothérapeute, ou aller sur leur site internet : https://www.ars.sante.fr/.  

 

 

Enfin, il est également possible de poser la question directement au psychologue, ou de demander à voir une photocopie de son diplôme : même si cette pratique est moins courante, elle peut se comprendre lorsqu’il s’agit d’une consultation online.