Le métier de psychologue: formation, lieux de pratique, salaire

Lorsque l’on pense au métier du psychologue, on se représente surtout le psychologue comment étant celui qui travail en libéral ou dans des services publiques (tels que les hôpitaux, les Centre Médico-Psychologiques, etc.). Cet exercice relève de la psychologie clinique, appelée aussi parfois psychopathologie. Le psychologue clinicien a une double tâche: soit son rôle se cantonne à l’évaluation et au diagnostic, soit il peut proposer des thérapies ou psychothérapies. Dans le premier cas, lorsqu’il évalue, il peut être amené à poser un diagnostic mais sans pour autant nécessairement suivre le patient par la suite (par exemple, s’il évalue pour une enquête policière l’intensité du traumatisme psychologique de quelqu’un qui a été agressé, il ne reverra pas forcément cette personne après). Dans le deuxième cas, lorsqu’il réalise une thérapie, le psychologue n’a pas forcément besoin de poser un diagnostic : parfois le patient a surtout besoin d’être écouté, et le psychologue se demande alors « comment puis-je l’aider ? » plutôt que « quelle est sa personnalité ? ».

 

Outre le cabinet privé, psychologue clinicien peut être amené à travailler en hôpital général, en hôpital psychiatrique, en gériatrique, en cancérologie, en addictologie, en clinique spécialisée dans le domaine de la petite enfance (dans des crèches ou des maternités par exemple), en centre de détention, dans de nombreuses associations (aide aux victimes d’agression, aux femmes battues, aux SDF, aux migrants, aux adolescents dans des structures type « maison des ado », etc.). Il peut travailler aussi bien auprès de l’individu seul qu’au niveau de la famille ou du groupe.

 

Quand consulter un psychologue clinicien ? Pour de l’anxiété, de la dépression, des phobies, des troubles du sommeil, des problèmes d’addiction et d’alcoolisme, pour des difficultés concernant son couple ou son orientation sexuelle, pour des doutes par rapport à son avenir professionnel, à ses études ou à son travail, pour des problèmes au sein de sa famille, etc.

 

Mais la psychologie clinique n’est qu’un des nombreux métiers auquel donne accès le titre de psychologue. Selon la spécialisation que l’étudiant choisira, il pourra exercer dans les domaines suivants, du même nom que la formation :

 

- psychologie cognitive : il s’agit de l’étude de la cognition en général, donc des apprentissages, des capacités de raisonnement, d’abstraction et conceptualisation. Ceci permet à une partie des psychologues cognitivistes de travailler également en libéral, mais pas avec exactement la même population que le psychologue clinicien. Par exemple le psychologue cognitiviste pourra travailler avec des enfants en difficultés d’apprentissage, avec des personnes âgées qui ont des troubles cognitifs (perte de mémoire, de concentration), mais en mettant plus l’accès sur la sphère intellectuelle, via passation d’examens, de test, la réalisation d’exercices, etc., alors que le psychologue clinicien s’intéresse plus à la sphère affective, ce qui l’amène à se demander plutôt : est-ce que derrière les difficultés de concentration de tel enfant se cachent des soucis, de l’anxiété, de la dépression (auquel cas le trouble cognitif n’est pas le vrai problème mais simplement une manifestation d’autre chose) ? Le psychologue cognitiviste qui ne travail pas en libéral peut par exemple élaborer des programmes scolaires, de la prévention routière, faire de la recherche, etc.

 

- neuropsychologie : de toutes les branches de la psychologie, la neuropsychologie est celle qui est le plus en rapport avec la biologie. Elle demande des connaissances du cerveau et des interactions entre ce qui s’observe au niveau somatique (par IRM par exemple) et ce qui s’observe au niveau du comportement, de la parole, de la pensée. Il est, comme pour la psychologie cognitive, possible de travailler en libéral, mais dans des situations plus particulières que la consultation « tout venant » du psychologue clinicien : par exemple en gériatrie, avec des personnes qui ont eu des traumatismes crâniens, etc.

 

- psychologie sociale : comme son nom l’indique, la psychologie sociale se situe croisement entre la psychologie et la sociologie. Elle étude quel est l’impact de l’environnement social sur le point de vue de l’individu. C'est-à-dire qu’elle n’étudie pas des « petits groupes », mais qu’elle garde pour point de départ la perception, la cognition ou les émotions de l’individu particulier, peu importe la taille du groupe susceptible de l’influencer : on s’intéresse aussi bien à l’influence de la société, des médias, de la publicité sur l’individu qu’à l’influence de son groupe de paires. C'est pourquoi un psychologue social peut, par exemple, travailler dans la publicité ou dans d’autres domaines qui, comme celui-ci, n’ont pas de dimension psychothérapeutique : quand on cherche à influencer le consommateur pour qu’il achète un produit, on ne cherche pas à le soigner.

 

- psychologie du développement : on parle aussi de psychologie de l’enfant. C’est la branche de la psychologie qui s’intéresse au développement de l’enfant, aux différentes phases de sa maturation psychologique. Comme la psychologie clinique, cette approche permet de travailler auprès d’enfants, mais en étant moins spécialisé en thérapie, plutôt en évaluation ou avec une approche cognitive de l’enfant, centrée sur ses apprentissages (seul les étudiants de psychologie clinique obtiendront à la fin le titre de psychothérapeute en plus de celui de psychologue : les autres auront le titre de psychologue seulement, parce que leurs études plus spécialisées dans leur domaine les forme moins à la thérapie en général).

 

- psychologie du travail : cette branche de la psychologie est l’étude de toutes les difficultés que l’on peut rencontrer au travail. Selon sa formation au sein de cette spécialisation, le psychologue peut être amené à travailler directement dans les entreprises, ou alors dans un cabinet privé. Dans le premier cas, le psychologue intervient plutôt au niveau du groupe que de l’individu : il peut animer des groupes de paroles, aider la direction à réorganiser les conditions de travail d’une façon qui, convenant mieux aux employés, apportera en plus un gain de productivité dans l’entreprise. Lorsqu’il exerce dans un cabinet privé, le psychologue du travail aura en consultation principalement des patients en burn out : bien qu’il n’ait pas nécessairement le titre de clinicien, son métier se rapproche alors beaucoup de celui d’un psychologue clinicien qui, dans un deuxième temps, aurait suivi une formation complémentaire en psychologie du travail.

 

 

Durée des études :

 

Chacune de  ces spécialisations nécessite un bac + 5, soit un master. Selon les universités, la spécialisation a lieu plus ou moins tôt, parfois quasiment dès le début, et souvent à partir de la licence 3 ou du master 1. Comme il ne s’agit pas d’études de médecine, aucun psychologue n’a pas le titre de docteur et ne peut, par conséquent, ni prescrire de médicament ni prescrire des certificats d’arrêt de travail. Ceci est souvent perçu comme un avantage par les membres de la profession : le psychologue est ainsi sûr que le patient vient le voir pour une thérapie et non simplement pour avoir un médicament qui l’aidera à dormir ou une ordonnance lui permettant de ne pas aller au travail, mais sans qu’il ait envie de s’engager dans un travail sur soi. Par contre, les séances ne sont pas remboursées, à la différence de celles du psychiatre qui, lui, est médecin, et à ce titre prend la carte vitale et peut faire des ordonnances : malheureusement, beaucoup de personnes qui nécessiteraient une prise en charge psychologique ne peuvent donc pas le faire en libéral et doivent se tourner vers des centres gratuits souvent débordés.

 

 

Salaires :

 

Contrairement aux idées reçues, en France le métier de psychologue ne paie pas si bien que cela, notamment parce que la profession a souvent été mal défendue au niveau syndical. En hôpital, un psychologue démarre à 1500 euros net par mois, ce qui n’est pas très loin du SMIC alors qu’il possède un bac +5. Si le psychologue a réussi à trouver un CDI à plein temps, le salaire monte ensuite rapidement aux alentours de 2000, puis parfois 3000 euros en fin de carrière.

 

En libéral, l’idée que le psychologue est riche vient de deux raisons. Premièrement, il est vrai que certains psychologues ont des tarifs très élevés, mais c'est une minorité : ce sont ceux qui travaillent dans les beaux quartiers (comme dans toute discipline, il y a un « jeu de l’offre et de la demande » : un psychologue exerçant des tarifs prohibitifs dans un quartier modeste n’aurait aucun patient).

 

Deuxièmement, même si elles ne rapportent pas tant que cela au psychologue, il est vrai que les séances coûtent cher au patient: c'est parce que, pour faire simple, environ 50% du prix de la séance part dans des frais divers. Il y a d’abord les charges à payer à l’URSAFF (minimum 25% des recettes pour un auto-entrepreneur, plus s’il est en libéral, donc il reste 38,5 euros maximum si la séance est à 50). Ensuite, le psychologue doit payer un deuxième loyer, qui peut être aussi cher que son loyer personnel (il paiera facilement 1000 euros par mois pour avoir une simple pièce en centre ville). Après, il faudra ajouter les dépenses dans différentes formations complémentaires, dans les supervisions, l’électricité, l’assurance professionnelle, l’assurance des locaux professionnels, etc. Mais surtout, il faut ajouter sa psychothérapie personnelle, si le psychologue lui aussi suit une psychothérapie dans le cadre de sa formation (souvent il s’agit d’une psychanalyse) : on ne peut aider les autres que si l’on s’est d’abord guérit. Or, dans le cadre d’une psychanalyse, il n’est pas rare que le psychologue réalise deux à trois séances par semaine, ce qui lui fait un budget de plus de 500 euros par mois. Enfin, le psychologue ne peut pas vraiment travailler au moins 4 mois par ans, parce que pendant les périodes de vacances 25 à  50% de ses patients sont absents. Et le psychologue en libéral n’a pas de congés payés.

 

Si, pour simplifier le calcul, nous divisons le prix de la séance par deux, en imaginant que le psychologue propose des séances de 45 minutes à 50 euros, et qu’il en fait 35 par semaine (soit environ 35 heures de travail par semaine), cela nous donne : 25 euros x 35 entretiens x 4 semaines par mois x 10 mois par an, divisé par 12 mois = 2917 euros bruts par mois.

 

Un psychologue en libéral qui travaille à temps complet (ce qui n’est pas le cas en début de carrière) gagne donc environ 2500 euros net par mois.

 

Ce calcul ne tient pas compte du nombre de patients absents, et il y en a beaucoup : même quand un psychologue fait payer les séances manquées, il ne peut le faire qu’avec les patients réguliers, pas avec ceux qui ne reviendront pas et ne donneront aucunes nouvelles.