Consulter un psychologue pour manque de confiance en soi, partie 2

Au niveau de la sexualité, le manque de désir chez l’homme comme chez la femme peut être le résultat d’un manque de confiance en soi. Chez la femme, ce manque de confiance s'exprime souvent à travers des complexes liés à son physique, et notamment au poids. Ce qui la conduit parfois à ne plus vouloir avoir de rapports sexuels (et c'est un cercle vicieux, car en ayant des rapports sexuels elles se sentaient plus désirées, ce qui leur redonnait de la confiance en elle). Note : lorsqu'ils dépassent une certaine proportion, ces problèmes sont également en rapport avec l’anorexie et la boulimie.

Nous disons que le manque de confiance en soi "s'exprime (dans...)" plutôt que "vient de..." car souvent le physique n’est pas le vrai problème, mais est la voie empruntée par ce problème pour se manifester: beaucoup de femmes très belles sont complexées, et les moins belles ne sont pas toujours les plus complexées, ce qui prouve que ces complexes sur le physique ne sont pas liés qu'à l’apparence extérieure, mais qu'ils renvoient à un sentiment intérieur plus profond, dont on recherchera l'origine en psychothérapie. Ils ne sont pas non plus qu’un problème de société, que la faute aux magazines mettant en avant des femmes aux silhouettes « parfaites » (selon les critères actuels), puisqu’il existe de nombreuses femmes qui ne se sentent pas blessées dans leur estime personnelle quand elles voient ces photos. 

 

Chez les hommes, ce sont un peu plus souvent les échecs professionnels qui conduisent à avoir une baisse du désir sexuel, car ces échecs ont des effets néfastes sur leur estime d’eux-mêmes et donc sur ce qu’ils peuvent apporter dans le couple (par exemple un salaire fixe, prodiguant une sécurité pour leur famille et les rassurant sur le fait que celle-ci à besoin d’eux, qu’ils apportent quelque chose). Mais là aussi, l'incapacité à accepter un échec professionnel même minime peut renvoyer à d'autres dimensions de la vie. Chez l’homme comme chez la femme lorsque le manque de confiance en soi s'exprime à travers des préoccupations conformes à stéréotypes sociaux (comme la beauté de la femme ou salaire de l'homme), c'est qu'ils témoignent d'une difficulté dans leur rapport à l'autre sexe (que l'on considère que l'identité sexuelle et les rapports entre sexes qui en découlent soit purement une construction sociale ou non, dans tous les cas un accrochage trop fort à un de ces traits propre à l'identité sexuée est un signe de manque de confiance en soi). Et chez l'homme comme chez la femme, une difficulté dans les rapports entre les sexes peut briser l’harmonie dans le couple, diminuer l’entente et les échanges satisfaisants, diminuer la qualité de la communication et de l’écoute, ce qui a un impact réciproque sur le désir. Cela conduit parfois à l’impuissance ou l’éjaculation précoce chez l’homme, et à l’impossibilité à avoir un orgasme chez la femme (anorgasmie).

 

D’une façon générale, les personnes manquant de confiance en elles sont souvent hypersensibles, et c’est à juste titre que c’est régulièrement comme cela qu’elles se perçoivent ou sont perçues par leur entourage. Sauf si, au contraire, elles se présentent sous un jour plus froid ou plus autoritaire en apparence : dans ce cas cette froideur n’est qu’une façade, un masque derrière lequel l’individu tente de contenir une émotivité débordante. Et l’entourage se trompe parfois en surestimant la confiance en elle que se porte cette personne, ou en la percevant comme plus dure qu’elle ne l’est réellement.

 

Mais inversement, les personnes exagérément extraverties souvent surjouent l’assurance pour ignorer leur propre malaise ou pour tenter de le dissimuler aux autres (elles ont alors parfois tendance à monopoliser un peu trop la conversation). Quant aux individus colériques, souvent ils se défendent contre ce manque de confiance en eux en attaquant les autres (et parfois ils culpabilisent ensuite, voyant dans leurs emportements une confirmation du fait qu’ils ont raison d’avoir une piètre image d’eux-mêmes). Ils doutent beaucoup, sur tout, et ceci peut les gêner dans leur travail, les rendre moins performants et efficaces qu’ils ne pourraient l’être.

 

Par ailleurs, on leur reproche parfois de se poser trop de questions, de compliquer un problème simple ou d’inventer des problèmes là où il n’y en a pas. Pourtant, se poser beaucoup de questions peut sous certaines conditions être une force, car cela permet d’analyser les choses plus en profondeur, de mûrir, d’élargir ses perspectives, de devenir plus fin au niveau de sa compréhension psychologique ou de celle des autres, et ainsi de mieux comprendre les interactions et les situations. Mais les difficultés arrivent lorsqu’il s’agit de passer de la réflexion à une action rapidement, ce qui qui demande justement de ne pas trop réfléchir. Par exemple, beaucoup des personnes qui ont eu du mal à avoir leur permis de conduire n’étaient pas forcément maladroites, mais elles doutaient trop, hésitaient trop longtemps lorsqu’il fallait prendre une décision, regardaient cinq fois de suite dans le rétroviseur avant de déboiter, et résultat soit elles rataient l’occasion de tourner, soit elles manquaient de provoquer un accident. D’ailleurs, il existe une étude qui montre que les personnes plus intelligentes que la moyenne ont plus de mal à passer leur permis. Ce trait de caractère, qui est un inconvénient dans de nombreuses situations où il faut se décider vite, est cependant un avantage en psychothérapie, car une psychothérapie est un lieu où l’on résout la plupart des problèmes en commençant par analyser les situations pour essayer de les repérer, puis en essayant de comprendre d’où leur origine, d'où ils viennent.

 

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