Consulter un psychologue pour manque de confiance en soi

Le manque de confiance en soi est l’un des motifs principaux pour lesquels les patients entament une psychothérapie. Que cette thérapie soit réalisée auprès d’un psychologue, psychothérapeute, psychiatre ou encore psychanalyste, si l’on prend en compte le fait que ce problème se cache derrière beaucoup d’autres, le manque  de confiance en soi est peut-être même de loin le premier motif de consultation.

 

Par exemple, un patient qui consulte pour une souffrance au travail ou un burn out peut réaliser en cours de suivi que le problème ne vient pas à 100% de son entreprise, d'un patron trop exigeant, etc., mais que lui-même, par manque de confiance en lui, a contribué à laisser la situation s’aggraver :

- il s’est épuisé en acceptant toutes les taches qu’on lui demandait parce qu’il ne sait pas dire non (par manque d’assurance, parce qu’il croit à tort qu’on le juge négativement s’il ne se montre pas capable de surmonter tous les problèmes tout seul, parce qu’il a peur d’être mal évalué, parce qu’il s’imagine qu’on n’a pas renouvelé son dernier CDD parce qu’il n’avait pas été assez bon, etc.).

- Ou il désespère dans l’attente d’une reconnaissance, de félicitations ou d’un remerciement de la part d’un patron qui ne sait pointer que ce qui va mal (cet employé aurait plus de facilités à supporter ou à interrompre cette situation s’il était intimement persuadé de sa propre valeur et de celle de son travail, et s’il ne répétait pas un schéma de comportement qu’il avait déjà connu auparavant, par exemple avec des parents qui ne savaient pas non plus le féliciter).

- Ou encore, la moindre difficulté lui parait insurmontable et le fait stresser démesurément, parce qu’il a un tel sentiment d’être incapable qu’il en oublie que jusqu'ici il a toujours finit par s’en sortir: ce n'est donc pas la tache elle-même mais son stress face à celle-ci qui le met en burn out, comme le dit l'expression "en faire une montagne".

Côté patron, le manque de confiance en soi peut s’observer dans la peur face à trop de responsabilités, dans le fait de placer toute son estime personnelle dans la réussite de son entreprise (qui est comme une vitrine venant cacher un vide intérieur), ou dans la difficulté à se faire écouter par ses employés (par excès ou défaut d’’autorité).

 

Derrière les consultations pour problèmes liés aux relations amoureuses, aux difficultés à rencontrer quelqu’un ou à se remettre d’une séparation – ce qui est le deuxième ensemble de motifs de consultation le plus répandu –  se cache également presque systématiquement un manque de confiance en soi.

Celui-ci se traduit par exemple par la peur que l’autre ne nous aime pas assez, par le besoin d’être rassuré sur son amour, sur ce qu’il pense de nous, sur sa fidélité (car la jalousie s’explique souvent par la peur que le ou la partenaire trouve une tierce personne meilleure que nous-mêmes, convenant mieux sur le plan physique et/ou intellectuel). Ce manque de confiance en soi peut amener à avoir un comportement trop fusionnel, ressenti par l’autre comme étouffant. Il peut conduire à avoir du mal à trouver un ou une partenaire, déjà par simple timidité, inhibition, ou parce que le manque de confiance en soi peut rendre irritable, ou moins épanoui, etc., et l’autre le ressent.

Le manque de confiance en soi peut souvent amener à s’attacher trop vite, ce qui fait parfois fuir le partenaire s'il prend peur (à moins qu’il ait lui-même peu confiance en lui et soit rassuré par cela, mais se pose alors une autre question : ces deux personnes restent-elles ensemble parce qu’elles se correspondent vraiment, ou par un trop fort besoin de se sentir aimer coûte que coûte, préférant ne pas être seules quitte à être mal accompagnées?).

Il peut-être plus difficile aussi de se séparer lorsque le manque de confiance en soi conduit à trop se reposer sur l'autre, par exemple pour faire toutes les démarches que l'on a peur de faire: décrocher au téléphone pour faire une réservation, décider de l'organisation d'un voyage, de l'achat d'un appartement, remplir la feuille d'impôt, refaire la déco, etc. Gagner en confiance en soi c'est donc gagner aussi en autonomie, ne plus rester avec quelqu'un d'autoritaire juste parce que le fait qu'il décide tout à notre place nous retirait l'angoisse de devoir choisir, mais aussi le plaisir de choisir qui aurait pu faire place à l'angoisse.

 

 

Enfin, les personnes qui n’ont pas confiance en elles ont souvent du mal à se remettre des séparations : celles-ci sont d’autant plus difficiles à vivre que la personne délaissée croira avoir la confirmation que c’est bien parce qu’elle n’est pas digne d’être aimée qu’on l’abandonne. Face à ce problème, deux réactions sont possibles : soit elles sont incapables de quitter l’autre même quand tout se passe mal, soit elles n’arrivent pas à garder une relation longtemps, elles préfèrent l’interrompre d’elles-mêmes pour abandonner avant qu’on ne les abandonne, car il leur est plus facile de supporter une séparation lorsqu'elles ont le sentiment de maîtriser les choses, de l'avoir voulu.

 

Dans le premier cas, on trouve par exemple celles (ou ceux) qui n’arrivent pas à quitter quelqu’un qui est violent verbalement ou physiquement, ou qui est égoïste : à chaque fois elles doutent, se remettent trop en question, se demandent si elles sont bel et bien responsables, comme leur partenaire essaye de le leur faire croire. Dans les cas les plus extrêmes, elles s’accrochent au point de s'épuiser à essayer d'en faire toujours plus pour l'autre, pour se plier à des exigences impossibles, dans l’abnégation de soi-même. Le sentiment de culpabilité les amène à s'en vouloir à elles-mêmes au lieu d'en vouloir à l'autre: au lieu de se dire "il/elle ne devrait pas s'énerver comme cela", elles se disent "la preuve que je n'aurais pas dû faire cela, que je suis tellement nul, c'est qu'il s'est tellement énervé": comme s'il y avait une proportionnalité entre la colère de l'autre et les prétendues fautes dont elles seraient responsables.

 

A l’inverse, celles ou ceux pour qui la blessure narcissique de se faire quitter serait insupportable préfèrent quitter l’autre d’abord, comme s’ils voulaient lui faire subir ce qu’ils ont peur de subir eux-mêmes. Parfois ils n’arrivent jamais à avoir de relations longues pour cette raison, ou alors ils n’ont de cesse de se séparer et de se remettre avec la même personne. Il peut leur arriver aussi de voir chez l’autre des défauts qu’il n’a pas forcément, comme s’ils avaient besoin de se rassurer sur le fait que ces défauts ne sont pas en eux-mêmes mais aux dehors, puisqu’ils les voient là, devant eux. Dans ces conditions, il leur est difficile de trouver quelqu’un qui leur plaît, le dénigrement des autres étant une façon de se protéger soi-même.

 

 

Suite de l'article en page 2: Le manque de confiance en soi et la sexualité: