Suite article "Types de consultations possibles chez le psychiatre": exemple

Consultation majoritairement psychiatrique ou psychothérapeutique? 

 

En résumé, que choisir, psychiatre ou psychologue/psychothérapeute/psychanalyste ? Eh bien cela dépend des cas suivants :

 

- si vous êtes sûr de vouloir parler plutôt que d’avoir un traitement médicamenteux, si vous ressentez le besoin d’approfondir certains points, et de comprendre certaines choses de votre passé ou présent, ou si vous voulez agir de façon concrète sur des problèmes actuels, mais en restant sur le domaine psychologique et/ou comportemental, mieux vaut prendre rendez-vous directement avec un psychologue, un psychothérapeute, ou un psychanalyste.

 

 

- si vous ne savez pas si un traitement médicamenteux est nécessaire, ou si un traitement par la parole pourrait suffire, suivez votre intuition : le psychiatre pourra peut-être un peu mieux répondre à vos questions sur le plan médical, et mieux savoir quel type de molécule pourrait être adapté à vos troubles et à leur intensité, mais le psychologue-psychothérapeute pourra mieux analyser vos problèmes au niveau psychologique, comprendre par exemple quel est le conflit (intérieur ou avec votre entourage) qui se cache derrière tels troubles, et comment le résoudre. Parce que les somnifères, les anxiolytiques, les neuroleptiques et, dans une certaine mesure, les antidépresseurs, provoquent de la dépendance et ont des effets secondaires, j’aurais tendance néanmoins à me rattacher à l’opinion courante selon laquelle il est mieux de privilégier la parole en première intention, et de proposer des médicaments en seconde, lorsque la parole ne suffit pas, ou plus, ou s’est révélée décevante, ou est utile mais nécessite un complément, etc., mais que l’on a au moins essayé. Il faut savoir, par contre, que ne pas prendre un traitement qui est nécessaire peut avoir plus d’effets néfastes pour la santé que les effets secondaires des médicaments eux-mêmes (une maladie mentale non traitée peut même causer  au cerveau des dommages irrémédiables, pour les cas les plus graves).

 

- en revanche, si vous suspectez que vos troubles, apparemment psychiques, pourraient être en rapport avec quelque chose de médical, pour tout un tas de raisons différentes (symptômes physiques en plus de psychologiques, comme une perte de poids soudaine en plus de la dépression soudaine, ou problèmes qui pourraient être aussi bien psychosomatiques que purement somatiques, ou trouble de l’érection chez un individu dont l’âge, intermédiaire, fait que l’origine pourrait être aussi bien psychologique que physiologique, etc.), mieux vaut prendre rendez-vous avec un psychiatre ou un généraliste : en tant que médecin, il saura mieux vous renseigner sur les aspects médicaux, et est susceptible d’avoir un carnet d’adresses mieux étoffé pour vous adresser à des collègues du secteur médical, car c’est son domaine (le psychologue est moins souvent amené à adresser à un médecin que l’inverse, et donc soit, dans certains cas, il ne sait pas le faire mais le devrait, soit, de toute façon, pour d’autres cas, ce n’est pas à lui de le faire).

 

 

- vous pouvez aussi demander l’avis de votre généraliste, mais avec les mêmes mises en garde que la plupart de celles citées ci-dessus au sujet du psychiatre : selon son approche, il pourra avoir une vision plus médicale des choses, ou au contraire être plus sensible à la dimension psychologique et relationnelle. Si vous le connaissez depuis un certain temps, ou que ce n’est pas votre premier généraliste et que vous pouvez comparer avec les anciens, vous devez être en mesure vous-même de savoir s’il prendra le temps de vous écouter pour vraiment faire le bon choix, ou s’il risquerait de rédiger son ordonnance avant d’avoir fait le tour des possibilités qu’offrirait une psychothérapie Et, selon la façon dont vous présentez les choses, certains rédigerons en se disant, sur un malentendu « mais je ne suis pas psy moi, et il le sait, donc qu’est-ce qu’il veut, une prescription ? Et qu’est-ce que je peux bien lui proposer, pour l’aider, à part prescrire ? » (si vous sous-entendez la question « devrais-je voir un psychiatre » derrière l’affirmation « je suis déprimé », par exemple). De plus, des études montrent qu’en raison du trop grand nombre de malades comparé à celui des médecins généralistes, le temps des consultations est de plus en plus raccourci, et les médecins ont alors tendance, sans forcément en être conscients, à plus prescrire. En effet, répondre à la demande en gribouillant en vitesse sur l’ordonnance est plus rapide à faire que prendre vraiment le temps d’écouter ce que la personne a à dire, et d’essayer de comprendre et d’apporter une réponse verbale et non écrite (et les économies réalisées par l’Etat sont alors perdues dans les dépenses en pharmacie et, en prime, les individus ont des traitements moins adaptés).

 

 

En définitive, je vous conseille de surtout ne pas seulement écouter l’avis des autres, ceux des professionnels ou vos proches, mais de vous écouter vous aussi. Il arrive que des personnes, d’abord réticentes à l’idée d’aller consulter, réalisent ensuite que ce n’est pas comme elles auraient cru, qu’elles se sentent en confiance et entendue alors que, auparavant, l’idée de payer quelqu’un pour parler de soi leur paraissait étrange, voir dérangeant. Mais l’inverse est également vrai : une fois que les personnes ont pris la décision de consulter et ont commencé à se renseigner, elles savent intuitivement ce qui pourrait correspondre à leurs besoins (et vont éventuellement demander l’avis d’un tiers principalement pour être rassurées dans leur choix, en espérant qu’il sera confirmé) : peut-être y a-t-il alors quelque chose à travailler au niveau de la confiance en soi ? C’est en tout cas parce qu’ils ont cette hypothèse en tête que certains psychologues préfèrent ne pas trop donner leur avis : il s’agit que le patient comprenne pourquoi il a besoin d’avoir l’avis des autres, et non qu’il soit aussi dépendant de l’avis du psychologue). Et reste à ne pas oublier que chaque professionnel a une approche différente, donc vous avez le droit de changer (voir parties sur les Thérapies Cognitivo-Comportementales et sur la psychanalyse).